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Championnats du monde de judo de Tokyo
MAURY Morgan rmcsport.fr
Première journée
Hommes -100kg et + 100kg Femmes -78kg et + 78kg
-100kg Anai... enfin ! Dominateur depuis plus d'un an sur le circuit mondial, mais toujours à la recherche de son premier or planétaire, Takamasa Anai a été récompensé de tout son talent ce jeudi à Tokyo. Devant le public nippon, il était presque dans l'obligation de décrocher l'or pour confirmer qu'il était bien le champion qu'il avait l'air. Le Japonais n'a trahi personne. Il a produit un début de compétition fantastique avec un véritable festival technique: uchi-mata sur un Lituanien puis un de ashi barai dès l'entame du combat face au vieux briscard Ariel Zeevi. En quart de finale, il cloue au sol sur un o-soto-gari le Français Thierry Fabre dans la dernière minute. Le début de compétition a permis de voir renaître le Mongol Naidan. Champion olympique à Pékin avec pour seul bagage technique des morote-gari, il avait depuis disparu des radars. On l'a retrouvé ce jeudi au Yoyogi Gymnasium avec une belle palette de mouvements d'épaule. Il était au rendez-vous des demi-finales en compagnie d'Anai, du Néerlandais Grol, vice-champion du monde, et du Cubain Despaigne. Grol s'est joué de Naidan aux pénalités tandis qu'Anai a fini par faire craquer le surpuissant Despaigne sur un uchi-mata en golden score. En place de trois,le Français Thierry Fabre se pare de bronze pour la première fois de sa carrière à l'échelon international après un succès sur Naidan. Même métal pour le Cubain Despaigne qui domine aux pénalités l'Ouzbek Kurbanov. La finale est totalement électrique entre Anai et Grol. Le premier contrôle et multiplie les attaques face à un adversaire à la recherche du coup dur. Le travail debout d'Anai est récompensé par deux pénalités infligées au Néerlandais. Plusieurs fois, les deux combattants semblent sur un fil mais c'est au mental que le Japonais l'emporte au bout des 5 minutes. Son succès déclenche alors une véritable hystérie dans la salle. Anai champion du monde, un titre mérité que personne n'ira contester.
+100kg: Riner, le carré d'or Tout le monde voulait la peau de Teddy Riner à Tokyo mais tous se sont encore fracassés sur ce mur indestructible. Et les Japonais ont déçu ! Et ça commence par un cataclysme dès le premier Hajime. Keiji Suzuki, l'une des seules grandes stars japonaises, a été plaqué sur un tani-otoshi du monstrueux polonais Wojnarowcz, laissant la salle totalement coi. Teddy Riner, son adversaire désigné pour la finale, en quête d'un quatrième sacre mondial, a taillé sa route avec une maîtrise technique intéressante. O-uchi-gari, harai-goshi et même étranglement de côté sur le pauvre Brésilien Silva. Le Français n'a jamais tremblé dans ses tours de qualification jusqu'à que le tableau ne mette sur sa route le Japonais Kazuhiko Takahashi. Le vainqueur du Zen Nihon lui a fait entrevoir le spectre d'une défaite aux pénalités. Riner a longtemps été mené d'un yuko avant d'arracher une prolongation. Complètement brûlé par la fatigue, Takahashi lâche sur la deuxième reprise de garde de la prolongation sur un sumi-gaeshi du Français donné waza-ari. Ouf ! Riner a eu chaud ! Dans l'autre moitié du tableau, les éliminations prématurées de Suzuki et El Shehaby ont ouvert la voie aux outsiders. Le trentenaire Français Mathieu Bataille et l'Allemand Andreas Toelzer en ont parfaitement profité. Le premier, papa d'un petit Tristan depuis quelques jours, a battu successivement trois très bons Européens: le Letton Osnachs, le Polonais Wojnarowicz et le Néerlandais Vuijsters. En demi-finale, Toelzer ne se fait pas avoir et vient facilement à bout du Français. Voilà Toelzer 30 ans, dans sa première finale mondiale. Mais la mission qui lui était assignée d'empêcher Riner de remporter un quatrième titre mondial, était trop grande pour lui. Il gêne pourtant longtemps le Français sur sa garde. Cinq minutes de résistance qui vont finir par trouver leur épilogue dans le golden score. Le Français déchire la défense allemande sur un tout petit o-uchi. Yuko, ça y est, le Guadeloupéen rejoint Douillet, Ogawa et Yamashita parmi les poids lourds comptants quatre médailles d'or mondiales. S'il remporte lundi le tournoi toutes catégories, il sera alors tout seul au monde avec cinq breloques en or. A noter que Mathieu Bataille ramène sa troisième médaille de bronze planétaire après une belle victoire par ippon sur le Brésilien Silva. Dans l'autre place da trois, El Shehaby, mené d'un waza-ari par Takahashi, à vingt secondes de la fin, s'en sort par miracle. Il fait céder le Nippon sur deux tani-otoshi donnés waza- ari.
-78kg: Harrison la relève? Mais où sont passées les reines des moins de 78 kilos? Yang la championne olympique? En repêchages ! Lebrun la numéro un mondiale ? Dominée tactiquement par la jeune américaine Kayla Harrison en quarts. Un grand ménage qui a donné lieu à des demi-finales mêlant valeurs montantes et valeurs sûres: Harrison contre Pryshchepa et Wollert face à la Brésilienne Aguiar, 20 ans. Du feu et de la glace. La jeune Aguiar, médaillée mondiale junior l'an passé, a planté Wollert sur un très bel uchi-mata tandis qu'Harrison a tordu Pryshchepa sur un sankaku-jime. On retrouvait donc en finale, deux jeunes filles à peine sorties des rangs junior. Cette finale est un véritable vent de fraîcheur. L'Américaine et la Sud-Américaine se rendent coup pour coup. Aguiar semble prendre l'avantage grâce à son physique... mas c'était sans compter sur la détermination de l'élève de Jimmy Pedro qui va chercher au bout de son coeur un ippon seoi-nage qui lui donne le titre mondial. Après Ronda Rousey, deuxième à Rio en 2007, voilà une nouvelle Yankee qui fait plaisir à voir. Et c'est aussi le premier titre pour une athlète américaine depuis 25 ans ! En place de trois, Ogata , là aussi une jeune, régale la chique en battant Wollert d'un splendide uchi-mata tandis que Yang, revenue des repêchages, bat Pryshchepa en o-soto-gari.?
+78 Sugimoto la récompense Qui allait devenir la première jeune femme championne du monde des poids lourdes après la suspension pour dopage de la mère dragon, la Chinoise Tong Wen, qui avait tout remporté sur son passage depuis 2005? Avec Sugimoto et Tsukada, l'archipel avait les armes pour. Encore fallait-il confirmer. Ces deux-là ont répondu présentes dans les premiers tours. Sugimoto était très impressionnante avec son uchi-mata spatial pendant que son aînée peinait davantage.. En demi, une seule passera. Sugimoto expédie la Cubaine Ortiz en trente secondes sur uchi-mata bien sûr pendant que Qin, la meilleure Chinoise du moment, l'emporte face à Tsukada. Cette dernière se rattrapera avec le bronze comme Ortiz. Finale Japon-Chine donc au Yoyogi Stadium entre Sugimoto et Qin. Et bien c'est la petite Sugimoto qui conclut sa journée en beauté. Elle n'a pas réussi à passer son bel uchi-mata mais elle l'emporte aux pénalités contre Qin. Le Japon termine cette journée avec deux médailles d'or et deux médailles de bronze tandis que la France suit de près avec un or et deux bronzes.
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Deuxième journée
-81kg Kim, un tigre dans le moteur Christoph Keller a débuté avec une grande application ses Mondiaux. Le Suisse a bien travaillé face au Khirgiz Dzushupov avant de clouer son adversaire au sol pour le compte en yoko-shio-gatame. Micha Egger n'a pas connu la même réussite puisqu'il a rapidement été rappelé à l'ordre pour une saisie directe du pantalon. Une manoeuvre interdite qui a entraîné sa disqualification contre l'Américain Travis Stevens. Au deuxième tour, Christoph a fait face à l'un des cadors de la catégorie, l'Azéri Mammadli, champion olympique des moins de 73kg. Le Suisse était bien en jambes et plutôt précis sur les mains jusqu'à qu'il se fasse avoir une première fois sur yuko. Un avantage qui l'oblige à courir derrière le score: « Je suis déçu. Je fais un bon combat et à la fin j'ai risqué. il fallait que je tente » a avoué Christoph qui malheureusement cède encore une fois toute fin de match sur un sumi-gaeshi (ippon) de l'Azéri. Sa route s'arrête donc aussi prématurément. Cette catégorie a donné lieu à quelques magnifiques empoignades. Après les tours préliminaires on retiendra la classe des Brésiliens Canto et Guilheiro mais aussi la chute des leaders tels que Nifontov ou Bischof et le retour au premier plan de Mammadli. Les demi-finales étaient tout de même très alléchantes avec Kim, vice-champion olympique, contre le Japonais Takamatsu, et un duel de Brésiliens entre Canto de Rio face à Guilheiro de Sao Paulo. Kim tremble à peine face à Takamatsu qu'il envoie en place de trois avec un balayage. De l'autre côté, Canto et Guilheiro qui se connaissent par coeur peinent à se départager. Guilheiro, plus actif, l'emporte finalement aux pénalités. La finale est intense entre Kim et le Brésilien. Le Coréen domine physiquement le match mais les mouvements d'épaules du Pauliste le mettent en danger. Guilheiro parvient à faire pénaliser une seule fois Kim mais ce n'est pas suffisant. Golden score. C'est le moment que choisi l'ancien champion d'Asie pour bondir et planter un o-uchi-gari qui lui donne son premier titre mondial. Comme en 2007 à Rio, Euan Burton finit en bronze. L'Anglais domine Flavio Canto sur un contre comptabilisé yuko. Même métal pour Takamatsu, vainqueur de Mammadli sur un gros ko-uchi-gari.
-90kg Iliadis le retour au zénith? Il était le phénomène d'Athènes 2004 avec son titre olympique à l'âge de 17 ans. Ilias Iliadis est maintenant le roi de Tokyo après une compétition de mastodonte. Catastrophe d'entrée pour deux des derniers médaillés mondiaux dans cette catégorie: le Coréen Lee et l'Ouzbek Choriev. Tous les deux passent à la trappe. Mention spéciale à l'Autrichien Schirnhofer, qui bat Lee sur un beau mouvement d'épaule conclu en immobilisation. Notre Suisse Dominique Hischier a lui aussi vécu des débuts très difficiles. Opposé à l'Algérien Benikhlef, vice-champion olympique, il se perd dans la garde très forte de l'Africain. Malgré un bon travail dans la dernière minute, il doit s'incliner pour une pénalité de trop: « Il était très puissant et ce n'est pas mon point fort. J'ai eu un sale tirage mais c'est le sport. Je n'ai pas trouvé la solution. Maintenant je sais ce qu'il me reste à travailler » a confessé Dominique à la sortie du tapis. Comme en moins de 81kg, on a assisté à de très belles explications. Le peuple nippon attendait beaucoup de Takashi Ono, invaincu depuis le début de l'année. Le Japonais avait devant lui un chemin piégeux et fait d'hommes aux gardes fortes. Ce qu'il déteste par dessus tout. Coaché par Kosei Inoue, Ono a été broyé par les bras du Grec Iliadis. Ono, parti, le jeune Nishiyama a parfaitement repris le flambeau nippon en se hissant dans un premier temps en demi-finale. Trois hommes de l'Est et un Japonais en demi-finale, Iliadis contre Mammadov l'Azéri et Liparteliani face à Nishiyama. Iliadis expédie son adversaire sur un uchi-mata de mammouth tandis que le jeune Nishiyama, très volontaire dans son match, passe aux pénalités pour aller dans sa première finale planétaire. ?En finale, Iliadis fait parler toute son expérience. Il contrôle habilement le Nippon grâce à sa garde surpuissante mais ne parvient pas à scorer. Son physique va faire la différence dans la prolongation. Iliadis déroule son adversaire dans un harai-goshi de bûcheron. Champion olympique en 2004 en moins de 81 kilos, le Grec est maintenant champion du monde dans la catégorie supérieure. Un drôle de champion. Médaillé d'argent l'an passé à Rotterdam, Kirill Denisov termine en bronze après un beau combat face au Géorgien Liparteliani. Bronze aussi pour Mammadov qui se débarrasse très facilement de Grekov avec un mélange d'uchi-mata et de contres.
-70kg Décosse met tout le monde d'accord Depuis son passage en moins de 70 kilos à la sortie des Jeux de Pékin, on attendait l'avènement de Lucie Décosse. Un peu à la même manière qu'Anai. il est venu à Tokyo. Pas de Suissesse ici malheureusement. Juliane Robra n'a pas fait le voyage à Tokyo en raison d'une blessure à un genou. Aucune favorite ne s'est loupée lors des phases préliminaires. Le Japon a seulement eu la malchance de voir ses deux combattantes tomber dans le même quart de tableau et c'est Kunihara qui a dominé sa compatriote Watanabe. La Hongroise Meszaros, la Néerlandaise Bosch, la Française Lucie Décosse et donc Kunihara en demies, que du très beau linge pour connaître celle qui succédera à la Colombienne Alvear. Décosse musèle parfaitement la petite Kunihara et fait la différence sur un ko-uchi-gari donné yuko. Dans le même temps, Meszaros et son judo destructeur font marcher les pénalités pour passer l'obstacle Bosch. Décosse-Meszaros. L'an passé, la Hongroise avait battu la Française en huitième de finale à Rotterdam. L'histoire ne se répétera pas. Pleine de détermination, Décosse fait craquer Meszaros avec son agressivité. La Française la fait plier sur une immobilisation. Cinq ans après le Caire, Décosse récolte son deuxième or mondial mais son premier en moins de 70 kilos. Les places de trois sont extrêmement disputées. C'est d'abord Kunihara qui s'arrache pour cette breloque face à l'Espagnole Blanco avant que Sraka la Slovène ne domine Edith Bosch au golden score sur une action simultanée plutôt litigieuse.
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Troisième journée
-73kg: Akimoto détrône Wang L'histoire retiendra que la trajectoire presque parfaite de Wang Ki-chun le sublime a subi un bel accroc à Tokyo. Un coup d'épée venu de l'inattendue Hiroyuki Akimoto. Un Nippon complètement survolté durant toute une journée où il a effectué sept combats tous d'une qualité rare. Wang a perdu son titre mais il n'a pas lâché un pouce de terrain et affiché un sacré caractère de combattant. Avant ça, la Suisse. Comme Egger et Hischier vendredi, David Papaux n'a pas passé l'obstacle du premier tour. Opposé au dangereux espagnol Uematsu, il se fait projeter sur un o-goshi donné yuko. David effectue ensuite un bon travail debout, il semble plus actif que son adversaire mais les pénalités ne tombent pas. Elimination difficile pour lui comme pour Martin Nietlispach. Ce dernier s'empêtre dans la garde du Mongol Sainjargal. Martin offre une belle résistance mais s'incline lui aussi aux pénalités. Dure journée pour les Suisses. Depuis Christoph Keller vendredi, aucun n'a gagné de combat. On retiendra des tours préliminaires la très belle bagarre entre Wang et le jeune Ugo Legrand. Ce dernier passe à quelques secondes de se payer le numéro un mondial, battu sur un tai-otoshi sublime. Les deux Japonais Akimoto et Awano s'écharpent en quart de finale pour un succès du premier sur un morote seoi-nage. Sainjargal-Elmont et Wang-Akimoto un programme de demi-finale totalement alléchant avec ce Mongol que l'on voit apparaître au plus haut-niveau. Malheureusement pour lui, malgré une grosse présence physique face à Elmont le Néerlandais, il voit ses chances s'envoler à cause d'une blessure à un poignet et doit abandonner. Il ne combattra pas pour le bronze laissant ce métal au Japonais Awano. Et voilà Dex, le plus léger des frères Elmont en finale pour tenter d'accrocher une couronne que son frère, Guillaume, a déjà enlevée. L'autre demi-finale est un joyau de judo entre Wang, le maître coréen, et Akimoto, l'un des adversaires qui lui pose le plus de problèmes. Mouvements d'épaule, de hanche, de jambe et travail au sol, tout le judo est passé en revue pendant cinq minutes et la prolongation. Oui, aucun avantage (ni pénalité) n'est marqué mais l'essentiel est ailleurs. Les deux hommes se livrent une guerre magnifique. Akimoto parvient deux fois à immobiliser Wang, dont une en prolongation, mais ce dernier s'en sort à chaque fois avant la fin des dix premières secondes. La ténacité d'Akimoto est récompensée puisqu'il s'impose finalement à l'unanimité des trois juges. Wang est battu pour la deuxième fois seulement depuis Pékin. Le roi Wang est déchu de son titre mais que ce fut beau. Il se rattrapera dans un match pour le bronze là aussi fantastique contre le Russe Isaev. Mené de waza-ari, il trouve les ressources pour marquer deux yukos et enfin un waza-ari synonyme de bronze. La finale n'est pas aussi belle que la demie mais le résultat est le même. Akimoto parvient à serrer Elmont au sol et remporter son premier or mondial. Wang et Awano complètent le podium.
-57kg: Joyeux anniversaire Miss Matsumoto Toujours le corps en avant, prête à partir à la guerre, Kaori Matsumoto est une modèle d'engagement et de pugnacité. Une tueuse qui n'était pas reconnue à sa juste valeur. En conquérant le titre mondial, ces choses devraient changer. Le début de journée a été marqué par un match d'anthologie entre la Japonaise, numéro un mondiale, et la Française Pavia. La puissance de la Tricolore contre la finesse de la Nippone. Les deux jeunes filles se sont livrées une très belle bagarre avant que Pavia ne cède dans la prolongation sur le retournement préféré des Japonaises et conclu en immobilisation. Dommage pour la Française de 21 ans qui n'est pas passée loin d'un coup retentissant. Cette catégorie très chargée a vécu de beaux moments ce samedi à Tokyo. On a retrouvé notamment la Roumaine Corina Caprioriu, championne d'Europe, mais aussi la teigneuse Telma Monteiro, toujours présente. Les demi-finales mettent aux prises Matsumoto et Caprioriu et Monteiro face à l'Autrichienne Sabrina Filzmoser. Matsumoto règle le problème Caprioriu très rapidement. Toujours pas médaillée mondiale, la Japonaise, réalise une très belle liaison debout sol pour finir en immobilisation la championne d'Europe après à peine une minute de combat. Sur l'autre tapis, Monteiro la maline contre Filzmoser sur uchi-mata sukashi (waza-ari) à deux minutes de la fin. Ensuite, elle gère son avance à coups de fausses attaques et de travail au sol. La finale est enlevée entre Matsumoto qui met une pression d'enfer sur une Monteiro qui ne cède rien. Une boulimie d'attaques de la Nippone qui paiera au bout du golden score. A 21 secondes du gong, elle balaye la Portugaise pour ippon et fait basculer le Yoyogi Gymnasium. Matsumoto est récompensée par l'or après deux ans au top et en plus le jour de son anniversaire. Pour l'anecdote c'est le premier titre mondial d'une fille de l'archipel chez les moins de 57 kilos. Monteiro, elle, prend une énième breloque en argent. Filzmoser rajoute une nouvelle médaille de bronze à sa collection déjà bien fournie après un succès sur Lupetey. L'autre bronze va à la Grecque Boukouvala, vainqueur de Caprioriu, sur une pelleteuse... sans les mains.
-63kg Yoshie bisse Beaucoup de monde au portillon chez les moins de 63 kilos. Les Européennes se sont entre-tuées entre elles pendant que les deux Japonaises bénéficiaient de tableaux relativement dégagés et en ont profité. La Cubaine Abel a été l'une des surprises de cette journée. Elle a successivement écarté la Portugaise Cachola, la Slovène Zolnir et l'Israélienne Gerbi. En demi-finale, Miki Tanaka du Japon fait craquer Abel à sept secondes seulement de la fin du match sur immobilisation pour la plus grande colère du coach Ronaldo. Yoshie Ueno, elle, est au supplice 8 minutes face à la Néerlandaise Van Emden, qui l'avait battue à Paris en février. Une décision unanime des juges un peu bizarre il faut dire l'envoie en finale pour le premier face-à-face entre deux représentants d'un même pays en finale. Ce rendez-vous entre Japonaises n'est pas très esthétique car les deux combattantes se connaissent parfaitement. On ne retiendra que le résultat, à savoir un deuxième titre mondial consécutif pour Yoshie Ueno l'ancienne. Les médailles de bronze reviennent à Abel, victorieuse au golden score de l'Israélienne Schlesinger, et à la surprenante Azéri Yusubova. Une spécialiste des ura-nage (cinq en six combats) qui scotche Van Emden sur ce mouvement en place de trois.
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Quatrième journée
-60kg: Sobirov est bien le numéro un Sans faire de bruit mais avec une régularité d'horloger, Rishod Sobirov s'est installé au sommet de la hiérarchie des moins de 60 kilos. Troisième à Pékin puis vainqueur du Masters cette année, il a fait main basse sur la place de numéro un mondial avant d'arriver à Tokyo. Dans la capitale nipponne, il a enfin remporté son premier grand titre avec une maîtrise de tous les instants notamment lors de sa finale face à Zantaraia. Dès le premier tour, on assiste à un affrontement de titans entre le Coréen Choi, champion olympique, et l'Ukrainien Zantaraia, champion du monde en titre. Choi marque le premier un yuko puis un waza-ari avant de se décomposer complètement face à la pression de son adversaire qui finit par enlever le morceau sur ippon. Cette catégorie a montré la puissance de feu des hommes de l'Est. Ils sont quatre en demi-finales: l'Ukrainien Zanataraia, l'Ouzbek Sobirov et les Russes Galstyan et Mudranov. Le Japonais Hiraoka, le champion d'Europe Sofiane Milous ou l'Autrichien Paischer ont été battus par ces garçons. Le suisse Ludovic Chanmartin a réalisé un excellent début de compétition avec des ippons sur un judoka argentin puis un autre d'Arabie Saoudite. Son parcours s'arrête sèchement en huitième de finale sur un sumi-gaeshi de Paischer. En demi-finale, les deux Russes son balayés. Galstyan prend une prise de l'ours dantesque de Zantaraia. Le champion d'Europe 2009 s'en remettra avec une médaille de bronze conquise suite à un crochetage donné ippon sur l'Italien Verde. De l'autre côté, Sobirov exécute Mudranov sur ura-nage. Dans cette finale entre l'Ouzbek et l'Ukrainien on s'attend à un déploiement de forces brutes. C'est le numéro un mondial qui tire le premier. Il marque ippon. Zantaraia est dépité, allongé sur le tapis, avant que l'arbitre central ne ramène la marque à waza-ari. Les deux combattants comprennent qu'il faut repartir et dès le hajime ils se jettent l'un sur l'autre, chacun tentant d'arracher l'autre en prise de l'ours. L'épilogue est remis à plus tard. quelques secondes seulement. Zantaraia, complètement cramé par les efforts, se laisse immobiliser. Sobirov est sacré tandis que son adversaire se contente de l'argent, un an après l'or. Galstyan et Hiraoka, vainqueur de Mudranov sur un morote renversé, complètent le podium.
-66kg: Morishita l'artiste Même pas 20 ans, une retenue lors de la victoire, de la timidité, Junpei Morishita sort des rangs junior dans lesquels il a remporté le titre junior en 2009 à Paris. Un an après, le voilà déjà au sommet de la pyramide chez les seniors avec un judo tout en alternance et classique. Il y a beaucoup de brassages le matin dans cette catégorie. De nouvelles têtes sont apparues comme lui Morishita ou le Français Korval. Les Mongols Hashbaatar et Sanjaasuren, dominateurs durant la saison, n'ont pas atteint les demies. Le surpuissant Russe Alim Gadanov non plus. Vice-champion du monde à Rotterdam l'an passé, l'Espagnol Sugoi Uriarte a continué sa montée en puissance. Il est au rendez-vous des demi-finales avec Morishita, Korval, mais aussi le surprenant Brésilien Cunha qui a bénéficié d'un tableau relativement ouvert où il n'a battu qu'un seul cador mondial, Masashi Ebinuma. Cunha sort Uriarte aux pénalités tandis que Korval se déchaîne 8 minutes face à Morishita. Le arbitres préfèrent récompenser les moins nombreuses mais plus tranchantes attaques du Nippon aux drapeaux (3 à 0). La finale est une formalité entre Morishita et le Brésilien. Deux minutes de combat et il place un magnifique ashi-guruma en bordure qui lui donne le troisième titre pour les garçons japonais à Tokyo. Les médailles de bronze sont pour Hashbaatar, champion du monde en titre, et Korval, 22 ans seulement.
-48 kg: Asami dépasse Fukumi Depuis Pékin et la victoire de Dumitru synonyme de fin de l'ère Tamura, Tomoko Fukumi a a pris le pouvoirs chez les légères. Championne du monde à Rotterdam, elle ne laisse rien filer. Son règne est déjà fini. Battu par une plus petite, plus jeune, plus souriante (c'était facile) et plus déterminée encore: Haruna Asami. Comme souvent dans cette compétition, ce sont les deux numéros 2 du Japon qui se sont illustrés. Comme Sugimoto ou Nishiyama, Asami a pris le train en marche et n'a pas raté son coup dans cette catégorie qui est celle des poupées japonaises. Fukumi n'est pas apparue saignante et a notamment été inquiétée par la Française Laëtitia Payet qui l'a poussée au golden score. De l'autre côté, Asami n'a pas autant de difficultés et passe sans peur. Le véritable choc se trouve tout en bas de tableau entre Alina Dumitru et Frédérique Jossinet. La Roumaine, menée tout le match, l'emporte sur un te-guruma, à... sept secondes de la fin. Jossinet ne remportera donc pas ce dimanche son premier or mondial. En demie, Asami découpe Dumitru sur un fauchage tandis que Fukumi et la Brésilienne Sarah Menezes se livrent un combat de toute beauté et d'une grande dureté pendant 8 minutes. C'est finalement la championne du monde qui passe aux drapeaux. Comme attendu, la finale entre les deux Japonaises est insipide tant elles se connaissent par coeur. Asami l'emporte aux pénalités et récupère le titre enlevé par Fukumi à Rotterdam. Alina Dumitru s'empare du bronze grâce à un seoi et un uchi-mata sur la Coréenne Chung. L'autre breloque revient à Menezes qui terrasse Jossinet sur harai-makikomi.
-52kg: Nishida se révèle Dans la foulée de la performance d'Asami, une autre numéro 2 nipponne est passée sur le corps de la numéro un. En moins de 52 kilos, c'est Yuka Nishida la nouvelle reine devant Misato Nakamura, championne du monde 2009. Cette catégorie a encore une fois confirmé la main mise des Asiatiques et surtout des Japonaises. Elles sont trois sur le podium et seule la Russe Kuzyutina a pu leur résister. Elle se classe d'ailleurs troisième. Comme la Mongole Munkhbaatar, intéressante tout au long de la journée. La finale est très serrée entre les Nishida et Nakamura. Pas grand chose à se mettre sous la dent pendant 8 minutes à par un yoko tomoe-nage de la première. Elle l'emporte trois drapeaux à zéro. Avant les compétitions toutes catégories, les Japonais totalisent le total ahurissant de 18 médailles... dont 8 en or. Ils sont d'ores et déjà assurés de terminer première nation. La France est deuxième avec cinq médailles et deux en or mais avec Riner en toutes catégories, ce total pourrait logiquement grimper d'une unité.
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Cinquième journée
Toutes catégories Hommes: Kamikawa abat Riner Les idoles sont faites pour être brûlées. Teddy Riner n'est pas entré dans l'histoire ce dimanche à Tokyo. Mais la décision de la finale qui l'opposa au jeune Daiki Kamikawa restera probablement l'une des plus controversées de l'histoire aussi. Le Français est resté à un drapeau de la légende. Il s'incline deux juges à un au bout de huit minutes d'une finale irrespirable. Riner a largement dominé les cinq premières minutes de match, sans marquer, et en ne faisant pénaliser qu'une seule fois Kamikawa. Le Guadeloupéen s'endort dans la prolongation. Il domine à la garde, ne se montre que peu dangereux, et frise la correctionnelle trois fois sur des sasae nippons. Riner est certain que le verdict sera en sa faveur. Il se trompe. Le Japonais n'exulte pas tandis que le Français refuse de serrer la main de son adversaire. Sur le podium, on ne voit que sa colère et pas la satisfaction des autres. Il aura l'argent et le goût amer de rater de très peu ce doublé lourds ? toutes catégories qui lui tendait les bras après une journée exceptionnelle. Sur sa route du doublé, Teddy Riner devait rencontrer et battre trois Japonais de rang. Ca a commencé avec Takahashi. Ce dernier lui avait causé mille problèmes lors du tournoi des plus de 100 kilos jeudi en allant jusqu'à la prolongation. Ca n'a pas été du tout la même histoire lors de ce quart de finale toutes catégories. Riner a rapidement imposé sa garde même s'il a été mis deux fois en danger sur uchi-mata. Takahashi a baissé pavillon après avoir réussi à sortir d'immobilisation. Riner le catapulte après deux minutes de match sur un bel harai-goshi. Même topo face à Tachiyama en demi. Battu sur harai donné waza-ari. La suite on la connaît pour ce qui constitue la première défaite du Français depuis Pékin 2008. Ce Kamikawa, le plus jeune des quatre Japonais engagés a fait forte impression en dominant facilement l'Ouzbek Tangriev puis en plaquant au sol son aîné Keiji Suzuki. Ce dernier avait pourtant réussi un excellent début de compétition en satellisant le Cubain Brayson sur uchi-mata. Il se contentera de la médaille de bronze. C'est déjà ça après son élimination au premier tour des lourds. Tachiyama prend l'autre bronze grâce à un magnifique sasae sur Tangriev en golden score. Riner devait abattre trois Japonais. Il a presque réussi sa mission folle, 11 combats sur 12 de gagnés en quatre jour. Le Rendez-vous pour Paris en août 2011 et ses Mondiaux est déjà pris.
Toutes catégories Femmes: Sugimoto réussit le doublé Elle a accompli ce que Riner n'a pas réussi à faire: le doublé lourds ? toutes catégories. Mika Sugimoto a passé cet obstacle avec énormément de sérieux mais en doutant aussi. Sa journée a été loin d'être facile. Céline Lebrun n'a pas été loin de lui causer de sérieux problèmes. Elle s'en sort grâce à une sortie de tapis généreuse que les arbitres ont infligée à la Française en demi-finale. En finale, la Chinoise Qin la tourmente aussi mais cette fois elle n'a besoin de personne pour l'emporter dans cette revanche de la finale des plus de 78 kilos. Elle épargne un petit yuko sur un o-soto-gari pour remporter sa deuxième médaille d'or de la semaine tokyoïte. Sugimoto, belle petite combattante chez les lourdes avec ses harai-goshi magistraux. En prenant ses deux médailles elle met une sacrée pression sur Maki Tsukada, qui s'est contentée du bronze en lourdes avant de faire l'impasse sur la compétition Open. Comment ne pas citer lors de cette journée la Française Céline Lebrun. Septième en moins de 78 kilos jeudi, elle a produit une excellente compétition avec notamment un succès impressionnant sur la Japonaise Tachimoto qui lui rendait une vingtaine de kilos. Malheureusement pour la championne du monde 2001, les 41 kilos de différence avec la Russe Donguzashvili en place de trois étaient trop importants pour elle. Elle repartira sans rien du Japon. Tachimoto, elle, prend l'autre médaille de bronze. ?Au final, le Japon repart avec le total ahurissant de 23 médailles dont 10 en or sur 16 catégories. La France est deuxième nation avec 6 médailles dont 2 en or. Ce qui constitue déjà un total très appréciable. Le Japon a étouffé la planète et a su profiter à plein de la possibilité d'aligner deux combattants par catégorie. A un an des Mondiaux de Paris, et deux des Jeux de Londres, les Japonais ont transformé le judo en dictature.
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